LaLiga : autopsie d’une mort programmée – Partie 1

LaLiga : autopsie d’une mort programmée – Partie 1

27 mai 2019 1 Par Ijbine Football

Dominateur sur la scène continentale depuis près d’une décennie, le football espagnol s’éteint, lentement mais sûrement. La fin d’un cycle, ou le début de la fin ?

Une domination à nuancer...

Avant de s’attarder sur le déclin de LaLiga, petit retour sur la dite domination des clubs espagnols en Ligue des Champions. 

Nous avons tous en tête le récent palmarès des clubs ibériques sur la dernière décennie. Le Barça sacré en 2009, 2011 et 2015. Le Real en 2014, 2016 2017 et 2018. Soit 7 titres sur 10, les 3 autres étant pris par Chelsea en 2012, le Bayern 2 ans plus tard et Liverpool ou Tottenham samedi prochain. Sans oublier les 2 finales de l’Atlético. Au niveau du palmarès donc, impossible de contester la domination ibérique. Mais le football, c’est plus que des stats. C’est avant tout le terrain. L’histoire d’un match. Ou de plusieurs. Des faits de jeu qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Toujours du même, depuis une décennie. 

Rentrons dans le vif du sujet : la domination espagnole n’aurait pas été possible sans les arbitres.  Avant toute chose : NON ! Evidemment que non, les arbitres n’étaient pas corrompus ou autre. Evidemment que non, le Barça et le Real n’ont acheté aucun arbitre. C’est dit.

Retour sur quelques décisions arbitrales ayant permis aux 2 géants espagnols d’être sacrés champions d’Europe. 

Chelsea-Barça, demi-finale retour, 2009

Tout le monde se souvient. Vol du siècle, plus grand scandale de l’histoire de la Champions League, début d’une longue histoire d’amour entre arbitres et Barcelone. Il n’y avait pas la VAR à l’époque, très difficile pour Tim Ovrebo, l’arbitre, de voir que Malouda tombe à l’intérieur de la surface, et puis la faute commence en dehors, donc dans le doute il siffle coup franc. Rien de scandaleux. Pour le reste…

Par contre, que l’arbitre refuse de donner penalty sur la main insultante de Piqué, alors qu’il la voit, que la Terre entière l’a vue… Que l’arbitre ne daigne siffler à la toute dernière seconde, lorsque Samuel Eto’o contre le tir de Ballack VOLONTAIREMENT du bras, tir dangereux qui plus est… Sans oublier le tirage de maillot grossier d’Abidal sur Drogba dans la surface… A disgrace ! Le Barça n’aurait jamais dû remporter la LdC cette année là. Une de moins, déjà. Rien que pour vous :

Barcelone Arsenal, quart de finale retour, 2011

Là, pas d’histoires de pénos. Pas de main non sifflée. Mais une décision toute aussi scandaleuse, incompréhensible, pour là encore offrir au Barça la possibilité de remporter la Champions, possibilité qui sera bien saisie. Au match aller, Arsenal l’emporte 2-1 dans un match fantastique. Au Camp Nou, Arsenal maîtrise globalement le Barça. Messi marquera juste avant la mi-temps, 1-0, le Barça est qualifié à ce moment. Au retour des vestiaires, le drame : csc de Busquets, Arsenal est de nouveau qualifié à la 53ème minute. 56ème minute, coup de tonnerre et grand coup de pouce de l’arbitre : VanPersie reçoit un 2ème carton jaune pour une action totalement anodine. Signalé hors-jeu, le battave conclut quand même son action en tirant au but, récoltant alors un 2ème carton jaune de la part de Massimo Busacca, incapable de comprendre que RVP n’a tout simplement pas entendu le coup de sifflet. Rien de sidérant, sachant que la partie se déroule dans un Camp Nou survolté. 

 

Qu’importe, le Barça en profitera pour marquer 2 buts. Dernière seconde du match, le remplaçant de VanPersie est en face à face avec Valdès : s’il marque Arsenal sera qualifié, mais le légendaire Bendtner loupera totalement son 1 contre 1. N’est pas VanPersie qui veut. Le Barça ira cette année remporter une autre Ligue des Champions en surclassant United en finale. Encore une de gagnée avec un beau coup de pouce arbitral.

Barcelone Juventus, finale, 2015

Cette fois, le Barça atteint la finale à la régulière. En éliminant City, Paris puis le Bayern, autrement dit le champion d’Angleterre de France et d’Allemagne. Il ne manque plus que le champion d’Italie en finale. Une Juve déjà lourdement handicapée par l’absence du meilleur défenseur du monde, Giorgio Chiellini. Le Barça ouvre le score et domine la partie, jusqu’à l’égalisation de Morata à la 55ème minute. Le match s’équilibre, c’est même la Vieille Dame qui domine cette 2ème mi-temps. 67ème, penalty évident d’Alves sur Pogba qui s’en allait marquer le but du 2-1. Encore une fois, rien. Quelques instants plus tard, Suarez marquera le but du 2-1, la Juve n’y peut rien. Tant pis, personne n’osera remettre en cause le sacre du Barça de toute façon. Pas touche au Barça ! 

Real Madrid, Ligue des Champions 2016

Pas de décisions arbitrales étranges cette fois. Juste un parcours de niveau Europa League : Rome en 8èmes, Wolfsburg (qui passe proche de les éliminer) en quarts. Rien de ouf. City en demi-finale, une victoire anecdotique 1-0 au retour à Bernabeu, avec un tir d’Aguero dans les derniers instants qui passent juste au dessus de la lucarne. Une victoire insipide aux tab face aux Colchoneros en finale. Bravo à eux, mais sûrement le parcours le plus “facile” de C1 au 21ème siècle. 

 

Real Madrid-Bayern Munich, quart de finale retour, 2017

Arbitrage maison, épisode 20. Vainqueur 2-1 à l’Allianz Arena, le Real est à son tour battu 2-1 par le Bayern. Joli match de football, malheureusement gâché par l’homme en jaune, qui, une fois n’est pas coutume, fait tourner la balance du côté habituel. Vidal prendra un second carton jaune absolument scandaleux, quand Casemiro terminera la rencontre sans être inquiété. Jugez plutôt :

 

Et puis, tant qu’à faire, autant ne pas signaler un hors-jeu plutôt “évident” (je n’aime pas taper sur les arbitres assistants) en prolongations sur le but du 2-2 qui qualifie les Merengue, qui ne se priveront pas d’en rajouter 2 autres. Quelques consultants lucides ne se priveront pas d’appuyer là où ça fait mal, à l’image de Johan Micoud, l’un des très rares à oser parler de l’arbitrage constamment en faveur des 2 espagnols. 

Le Real gagnera par la suite la compétition. Peut-être l’auraient-ils gagnée sans aide de l’arbitre, on ne le saura jamais. Toujours est-il, encore une Ligue des Champions gagnée suite à des faits de jeu honteux pour le Real/Barça. Et c’est pas fini !

Real Madrid – Juventus Turin, retour, 2018

En tant que bianconero et jouant gardien de but depuis mes 5 ans, inutile de vous dire la peine qui fut la mienne lorsque l’arbitre siffle ce penalty à la dernière seconde, donnant la qualification -une fois de plus- sur un plateau aux Merengue de Zizou après une folle remontada -à l’exterieur svp-, se permettant même de mettre un rouge à la légende Buffon. Dur. Donner un penalty peu évident à ce moment du match, avec ce scénario, et mettre un rouge à l’on ne peut plus faire play Gigi… Ceci étant, le penalty est discutable et ne rentre pas dans le domaine du scandaleux.

Le Real remportera finalement la C1 une fois encore, face aux Reds de Liverpool, bien aidés par une prise de judo non sanctionnée de Ramos sur Salah qui mettait le feu dans ce début de match, ainsi qu’un Karius amoindri du fait d’ une commotion reçue suite à un coup de coude du même Ramos, aka l’intouchable aux yeux des arbitres. Avec un magnifique but de Bale aussi. Encore une pas clean, en tous cas. 

En conclusion 

Sur les 7 C1 gagnées depuis 2009 par le duo Madrid/Barcelone,  seules 2 ont été remportées sans faits de jeu douteux, soit celles de 2014 et 2016. Et encore, le sacre de 2016 est certainement le sacre le plus ridicule du 21ème siècle, parcours d’Europa League jusqu’en demis, qualification sans relief en finale remportée aux tab dans un match quelconque. 

Cette saison, le football a triomphé. Nous assistons à une Ligue des Champions de légende. Et l’absence de décision douteuse pour les espagnols n’y est pas étrangère, loin s’en faut. D’ailleurs, le résultat est sensiblement différent, n’est-ce pas… Simple coïncidence ? 

Enfin, pour terminer cette première partie, citons quelques scandales non-mentionnés du fait de leur non-incidence sur l’identité du vainqueur de la CL :

– 2010, Barça Inter, demi-finale retour. Le rouge incroyable donné à Motta, heureusement sans incidence pour l’Inter de José.

Toucher le visage d’un Barcelonais ? Rouge !

– 2012, MU Real, 8ème retour. MU surclasse le Real et mène 1-0 après avoir obtenu le nul 1-1 à Madrid. Moment choisi par l’arbitre pour exclure Nani. J’en viendrais presque à croire que c’est ce match qui a poussé Sir Alex à tirer sa révérence à la fin de la saison. Même José en plaisantera avec Sir Alex et déclarera à la fin du match que “la meilleure équipe a perdu”. 

– 2017, Barça PSG, 8ème retour. Sans commentaires, tout le monde se souvient. Mais bon, là encore, faut se taire, c’est le Barça et Paris “ne peut s’en prendre qu’à lui-même de toutes façons” diront les experts autoproclamés. 

– 2018, Barça Chelsea, 8ème retour. 1-1 à Stamford Bridge à l’aller. Le Barça mène 2-0 au Camp Nou, les Blues ne sont vraiment pas en réussite sur cette double confrontation. 50ème minute, la Terre entière voit la faute grossière de Piqué sur Marcos Alonso qui allait réduire l’écart. Penalty et carton rouge ? Non, pas pour monsieur l’arbitre, pourtant bien placé, qui a juste décidé de perpétuer une longue tradition, apparemment… A 2-1 et à 11 contre 10, Chelsea aurait sûrement égalisé. Mais bon. On est plus à ça près. Ballack tweetera d’ailleurs un fataliste “same old story #referee” en référence au Chelsea Barça de 2009. Y a de quoi être fataliste, effectivement.